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Myard : « Si vous connaissiez Internet, vous sauriez que les DNS sont sous souveraineté américaine »
by xtremtiti on fév.12, 2010, under Politique
En attendant la vidéo qui ne manquera pas de venir (ceux parmi vous qui souhaiteraient la réaliser peuvent trouver les vidéos intégrales des débats sur cette page), voici le texte. Le compte rendu officiel de la séance de mercredi soir nous permet de relater tel une pièce de théâtre l’énervement hilarant du député Jacques Myard dont nous vous parlions ce matin, lorsqu’il s’en est pris à Martine Billard au sujet des DNS qui seraient sous le contrôle des Américains.
Souvenez-vous, Jacques Myard est ce même député qui avait proposé de nationaliser Internet. On pensait alors qu’il voulait faire peur aux Français en faisant croire qu’Internet était aux mains des Etats-Unis. Mais vue la colère patente qu’il a exprimée hier dans un hémicycle désert, ça semble aussi sincère que borné.
La discussion partait d’une proposition de campagne de communication organisée par le gouvernement sur les risques d’escroqueries organisées par Internet. »Il y a constamment des arnaques sur Internet« , défendait M. Myard avant que Lionel Tardy et Martine Billard ne s’associent pour dire qu’il y a des arnaques partout, et qu’il n’y a pas de raison de cibler particulièrement Internet :
Mme Martine Billard. Je note une certaine constance chez M. Myard.
M. Éric Ciotti, rapporteur. C’est vrai !
Mme Martine Billard. Toutefois, il a mis un peu d’eau dans son vin puisque, il y a quelque temps, il déclarait : « Aujourd’hui, le réseau Internet est totalement pourri. Il faut nationaliser ce réseau pour avoir la capacité de mieux le maîtriser ; les Chinois l’ont fait. » Certes, l’UMP est le seul parti au monde à avoir passé une convention avec le parti communiste chinois, mais j’espère que celle-ci ne prévoit pas d’appliquer les méthodes de contrôles chinoises d’Internet en France !
M. Jacques Myard. Cela n’a rien à voir !
Mme Martine Billard. M. Tardy a parlé du courrier. Pour ma part, je ferai référence aux escroqueries par téléphone, notamment en direction des personnes âgées fragiles. Pour autant, faut-il mettre le téléphone sous contrôle ? Je citerai aussi ces banques ou organismes d’assurance qui ont fait miroiter à des épargnants des taux d’intérêt mirobolants. Malheureusement, ces épargnants y ont perdu toutes leurs économies.Monsieur Myard, il y a dans toute société des personnes qui cherchent à en escroquer d’autres. Des lois existent pour limiter les escroqueries, pour condamner ceux qui les pratiquent et indemniser les victimes, mais on ne peut pas, à chaque fois qu’il y a un délit, interdire l’objet qui a servi à le commettre : ou alors, il faudrait interdire les marteaux parce que certains meurtres sont commis à coups de marteau ! Cessons de mettre en cause Internet : c’est un outil, au même titre que le téléphone ou le courrier, et qui offre de nombreuses possibilités. Si nous devons adapter nos lois, il ne faut pas incriminer Internet en tant que tel.
M. Jacques Myard. Vous dites n’importe quoi !Mme Martine Billard. Quand vous recevez un courriel qui vous annonce que vous allez faire fortune si vous renvoyez votre numéro de carte bancaire à quelqu’un qui se présente comme le fils d’un ancien chef d’État africain, il faut être quelque peu naïf pour y croire. Face à une telle naïveté d’un côté et à un tel appât du gain de l’autre, je crains que nous ne votions encore beaucoup de lois inopérantes !
M. le président. La parole est à M. Jacques Myard.
M. Jacques Myard. Madame Billard, si vous connaissiez le fonctionnement d’Internet, vous sauriez que les DNS sont sous souveraineté américaine et que ce n’est pas acceptable. Accepteriez-vous que l’annuaire téléphonique soit géré à Los Angeles ?
Mme Martine Billard. On ne sait déjà pas où il est géré !M. Jacques Myard. Si vous n’avez pas compris ce qu’est Internet, renseignez-vous avant d’avancer de telles accusations !
Mme Martine Billard. Vous donnez des leçons, mais vous n’avez pas participé aux débats sur les lois DADVSI et Hadopi !
S’il veut se renseigner avant de dire des âneries, on ne saurait trop conseiller à M. Myard de consulter la réponse que lui avait faite Benjamin Bayart il y a déjà deux mois.
Loppsi II : les principales dispositions du texte
by xtremtiti on fév.10, 2010, under ACTA/HADOPI/LOPPSI
CommentCaMarche le mardi 9 février 2010 à 16:52:46
(Paris – Relax news) – Cybercriminalité, délits routiers, sécurité intérieure… Les débats sur le projet de loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, dite Loppsi II, commencent ce mardi 9 février à l’Assemblée Nationale. Il s’agit de dégager les grands axes des moyens à mettre en place pour lutter contre différentes formes de délinquance. Voici les principales dispositions de ce texte qui pourrait s’appliquer sur la période 2009-2013.
Cybercriminalité
Création du délit d’usurpation d’identité sur Internet (peine d’un an de prison et de 15.000 euros d’amende)
Délits de contrefaçon : sanction de dix ans de prison et d’un million d’euros d’amende pour les infractions concernant les chèques et les cartes de paiement
Obligation des Fournisseurs d’accès à Internet (FAI) de bloquer l’accès à des images pédopornographiques
Vidéo protection
« Il s’agit de favoriser la réalisation du plan de triplement des caméras installées sur le territoire » explique Loppsi II
Possibilité pour les « personnes privées » d’installer des systèmes de vidéoprotection filmant les abords de leurs bâtiments
Sécurité intérieure
L’interdiction de stade pour les personnes ayant commis des infractions pourrait être allongée à six mois au lieu de trois, « voire à douze mois en cas de réitération intervenue dans les trois années précédentes ».
Expérimentation des scanners corporels
Le préfet peut instaurer un couvre-feu entre 23h et 6h pour les mineurs de 13 ans non accompagnés
Création d’un délit de distribution d’argent à des fins publicitaires sur la voie publique
Insécurité routière
Création d’une peine complémentaire pour confisquer le véhicule d’un conducteur condamné à la conduite sans permis, ou sous influence d’alcool, de stupéfiants
Interdiction de conduire pendant cinq ans au maximum une voiture si celle-ci n’est pas équipée d’un dispositif homologué d’anti démarrage par éthylotest électronique.
Création d’une sanction de six mois de prison et d’une amende de 15.000 euros en cas d’achat ou de vente de points du permis de conduire















