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Loppsi : le blocage des sites sans juge est adopté par les députés
by lastdans on déc.17, 2010, under ACTA/HADOPI/LOPPSI, Politique

L’article 4 du projet de loi Loppsi a été adopté mercredi soir par l’Assemblée nationale. Celui-ci permet à l’exécutif de produire une liste des sites à bloquer au niveau des FAI. L’opposition, qui réclamait l’intervention du juge dans le processus de filtrage, n’a pas été entendue.
Mercredi soir, les députés ont finalement adopté en seconde lecture le très controversé article 4 du projet de loi Loppsi. Celui-ci permet à l’exécutif de désigner les sites Internet et les contenus pédo-pornographiques afin d’en obtenir le filtrage au niveau des fournisseurs d’accès à Internet. L’intervention préalable de l’autorité judiciaire dans le processus de blocage a été rejetée.
L’adoption de l’article 4 sans le contrôle du juge est une déception à deux niveaux. D’une part, l’efficacité du blocage est loin d’être démontrée et risque de conduire à un sur-blocage. En cherchant à restreindre l’accès en aval plutôt qu’en intervenant en amont (en retirant les contenus directement à la source), la Loppsi va pousser les pédo-pornographes à adopter de nouveaux moyens pour accéder et partager de tels contenus.
Le travail des forces de police et de l’autorité judiciaire sera considérablement compliqué lorsqu’ils seront face à des réseaux chiffrés et décentralisés. Cette migration des utilisateurs s’est déjà vue avec la loi Hadopi, qui vise uniquement les utilisateurs des réseaux peer-to-peer. Plusieurs internautes ont changé de fusil d’épaule en passant par des sites spécialisés dans le streaming ou le téléchargement direct.
D’autre part, l’absence de l’autorité judiciaire fait craindre une dérive du filtrage. Si personne ne contestera la nécessaire lutte contre la pédo-pornographie, d’aucuns craignent que celle-ci soit instrumentalisée pour répondre à d’autres objectifs politiques. Puisque les juges ne seront pas de la partie, l’exécutif pourra étendre le filtrage à d’autres types de contenus. Comme Wikileaks ?
« Le gouvernement a fait le choix hypocrite et honteux de ne rien faire pour retirer les contenus pédo-pornographiques en ligne, tout en prétextant régler le problème. [...] Le blocage de l’accès aux sites ne réglera absolument rien au problème de la pédo-pornographie. Le cheval de Troie de la protection de l’enfance ouvre la porte, par ce vote, à la censure généralisée du net » a déploré Jérémie Zimmermann.
Comme nous l’expliquions en début d’année, le filtrage des sites à travers une liste noire maintenue par l’administration est un véritable problème démocratique. Si celle-ci est secrète, elle empêche tout recours à celui qui aurait été bloqué abusivement. Si la liste est publique, alors elle devient un annuaire idéal pour dénicher des contenus pédo-pornographiques. D’où l’importance du juge dans ce processus.
« Il est extrêmement inquiétant de voir les députés donner leur aval au filtrage administratif du net. Nul ne pourra contrôler la façon dont ces mesures de filtrage seront mises en place, par une liste noire secrète, et il n’y aura pas moyen de les contester » a réagi Félix Tréguer, chargé des affaires juridique et institutionnels à la Quadrature du Net.
En février, lors de l’examen en première lecture de la loi Loppsi, les députés avaient pourtant adopté l’article 4 tout en exigeant l’intervention de l’autorité judiciaire. Le filtrage du net au niveau des FAI était toujours possible, mais avec le contrôle du juge. Depuis, le texte est allé au Sénat cet automne et les parlementaires ont validé le filtrage du web sans contrôle judiciaire.
L’opposition devrait maintenant s’en remettre au Conseil constitutionnel pour tenter de revenir sur l’article 4.
Le CSA impose à TF1 et Canal+ de signaler leurs manquements à l’antenne.
by lastdans on mar.09, 2010, under ACTA/HADOPI/LOPPSI

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) impose pour la première fois la lecture, dans un délai de huit jours, d’un communiqué sur les antennes de TF1 et de Canal+ pour plusieurs manquements à la rigueur de l’information, a annoncé mardi la haute autorité.
« Chaque communiqué sera lu, dans un délai de huit jours, au cours de l’émission pour laquelle le manquement a été constaté. Il précisera les faits reprochés à la chaîne », stipule le CSA, qui a adressé ce mardi un courrier aux deux chaînes concernées.
Trois erreurs sont reprochées à TF1, dont le 3 avril 2009 dans le JT de 20 h un reportage sur le projet de loi Hadopi accompagné d’images de l’hémicycle de l’Assemblée nationale plein, alors que 16 députés étaient présents.
Le CSA sanctionne Canal+ pour un sujet de « Dimanche Plus » du 18 octobre 2009 sur l’élection du président de l’Epad (Établissement public d’aménagement de la Défense), diffusé avec des images provenant d’un site internet sans rapport avec l’élection.
J’en profite pour mettre de nouveau en avant le fait que TF1 avait fait la même « erreur technique » quelques mois après en présentant l’adoption de la Loppsi au journal de 20 h avec un parterre plus que bien achalandé de députés alors que l’hémicycle était bien désert (comme d’habitude ?), nous avions d’ailleurs ajouté une news à ce sujet ici.
Hadopi : Hémicycle bourré, TF1 fait de la résistance face au CSA
by xtremtiti on fév.24, 2010, under ACTA/HADOPI/LOPPSI

Hadopi selon TF1
PC INpact pointait alors le caractère pour le moins trompeur de ces photos dans un article intitulé « Vote de la loi Hadopi : 16 gus à l’Assemblée, mais pas chez TF1 ». Vérification faite, il n’y avait ce soir-là que 16 députés qui participèrent, en plus à un vote à main levée. Le citoyen qui regardait TF1 n’avait aucune idée du nombre exact de parlementaires.

Jean-Marc Pillas, médiateur sur le blog reconnaissait quelques jours plus tard simplement « une maladresse, certes regrettable, mais en aucune façon d’une intention maline de contrefaire la réalité. Cette maladresse est imputable à un défaut d’attention humain et nous veillerons à l’avenir à ne pas reproduire ce genre d’erreur, conscients que nous sommes de la force des images ».
En décembre 2009, le Point nous informe que le CSA décide de passer à l’attaque et se saisit du dossier TF1-Hadopi (en plus d’un ratage de Canal Plus sur Jean Sarkozy et l’Epad). Un peu plus tard, on apprenait que le gendarme de l’audiovisuel allait imposer la lecture d’un communiqué à l’antenne sur ces bugs médiatiques dont ont pu souffrir les temps de cerveaux disponibles.
Le Point, encore, nous informe cette semaine cependant que la chaîne a tout simplement refusé de lire à l’antenne ce communiqué de « mea culpa ». « Sur TF1, le communiqué d’excuses publiques devait être lu au début des JT de 13 heures et 20 heures. Jean-Pierre Pernaut, notamment, aurait refusé net. La chaîne, dirigée par Nonce Paolini, souhaite que le texte du CSA soit adouci… » explique Le Point. En plus de la HADOPI, le message visait aussi d’autres manquements (une fusillade en Allemagne, un rassemblement musulman où femmes et hommes étaient censés être séparés, alors que l’illustration ne montrait aucune séparation). Pour l’heure, des négociations entre les chaînes et le CSA tentent de décrisper la situation.
En attendant, et malgré les promesses du médiateur de TF1, la première chaîne récidivait cette fois avec la loi LOPPSI, là encore présentée avec un hémicycle plein (voir l’article complet de Jean Marc Manach, de Bug Brother)

Source : PCInpact
La Loppsi a été adoptée par l’Assemblée nationale
by xtremtiti on fév.16, 2010, under ACTA/HADOPI/LOPPSI

Comme prévu, le vote solennel sur la Loi d’Orientation et de Programmation pour la Sécurité Intérieure (LOPPSI) a eu lieu aujourd’hui à l’Assemblée nationale. Et sans surprise, le texte a été adopté avec une confortable majorité. Désormais, le texte va être examiné par le Sénat, avant de rentrer dans le corpus législatif.
312 voix pour, 214 voix contre. Sans surprise, l’Assemblée nationale, réunie pour le vote solennel, a adoptée la Loi d’Orientation et de Programmation pour la Sécurité Intérieure (LOPPSI). La majorité présidentielle a très largement soutenu ce texte, à l’exception notable de Michel Heinrich et Christian Vanneste qui se sont abstenus. Le Nouveau Centre a également voté pour, tandis que les autres formations politiques (Parti socialiste, communistes, verts) se sont globalement prononcées contre.
Cependant, avant de devenir loi, le projet doit désormais être examiné par le Sénat. Si la chambre haute vote le texte dans les mêmes termes que la chambre basse, alors la LOPPSI sera ensuite promulguée par le chef de l’État, pour ensuite entrer en application. En revanche, si le texte est modifié à l’issue de son examen par le Sénat, le parlement pourra essayer d’uniformiser les deux textes à travers une commission mixte paritaire composée de quatorze parlementaires (sept députés et sept sénateurs). C’est cependant l’Assemblée nationale qui aura le dernier mot si aucune solution n’est trouvée.
Si le projet sécuritaire est vaste, le chapitre concernant Internet a été particulièrement critiqué. Parmi les dispositions les plus polémiques, nous retrouvons le filtrage des sites pédo-pornographiques par les fournisseurs d’accès à Internet, le déploiement de logiciels espions dans les ordinateurs ou encore la naissance d’un délit d’usurpation de l’identité sur le web.
D’aucuns objecteront sans doute que l’installation des mouchards sera encadrée par les juges d’instruction, afin de donner une légitimité judiciaire à ce processus. Cependant, Nicolas Sarkozy a programmé la mort prochaine du juge d’instruction. Il ne restera dès lors plus que le procureur de la République pour encadrer et surveiller ces dispositifs. Or, le procureur est lié au parquet, qui lui-même est rattaché à la chancellerie.
















