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Tag: droit d’auteur

L’HADOPI tentée de passer en force pour envoyer ses premiers mails

by on avr.19, 2010, under ACTA/HADOPI/LOPPSI

Société 2.0 –

Selon nos informations, l’Hadopi pourrait s’engouffrer dans une toute petite faille de la loi pour envoyer ses premiers e-mails d’avertissement sans préciser aux abonnés comment respecter l’obligation qui leur incombe de sécuriser leur accès à Internet.

Il y a quelques semaines, nous expliquions pourquoi les premiers mails d’avertissement aux abonnés à Internet dont l’accès est utilisé pour pirater ne pourraient pas partir au mois de juin, comme dit le souhaiter le gouvernement. C’est toujours vrai, mais la raison essentielle que nous évoquions ne devrait pas être le principal frein. Confrontée à l’impossible, la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (HADOPI) devrait tenter le passage en force.

Accrochez-vous, tout est dans la nuance.

En effet, nous disions dans notre précédent article que pour envoyer ses e-mails, l’Hadopi devrait nécessairement attendre la publication du décret sur la procédure de labellisation des moyens de sécurisation des accès à Internet. Puis attendre que de premiers logiciels soient effectivement labellisés, ce qui prendra au minimum plusieurs semaines après la publication du décret. 

Pour affirmer cela, nous nous basions sur l’article L331-25 du code de la propriété intellectuelle qui dispose que l’avertissement envoyé par mail devra enjoindre l’abonné de « respecter son obligation (de sécurisation)« , et nécessairement l’informer sur « l’existence de moyens de sécurisation permettant de prévenir les manquements à l’obligation (de sécurisation)« . Puis l’article L331-26 du même code dit que l’Hadopi « après consultation des concepteurs de moyens de sécurisation destinés à prévenir l’utilisation illicite de l’accès à un service de communication au public en ligne (…) rend publiques les spécifications fonctionnelles pertinentes que ces moyens » de sécuriation « doivent présenter« .

Il dit aussi que l’Hadopi labellisera « les moyens de sécurisation » en prenant en compte « leur conformité aux spécifications visées » et « leur efficacité« . Etant donc sous-entendu, ce qui est évident, qu’un moyen de sécurisation n’est pas réputé efficace contre le piratage avant d’avoir été testé et approuvé par les services de l’Hadopi.

Cependant, il n’existe pas de lien parfaitement explicite et irréfutable dans la loi entre l’obligation d’informer l’abonné qui reçoit l’avertissement de l’existence « de moyens de sécurisation« , prévue à l’article L331-25, et la publication des « spécifications fonctionnelles pertinentes » que « des / les » moyens « doivent présenter« , prévue par l’article L331-26. En écrivant « ces moyens » ou « les moyens » plutôt que « les moyens visés à l’article L331-25″, le législateur a laissé une minuscule brèche que l’Hadopi pourrait exploiter, avec une mauvaise foi confondante.

Or selon nos informations, c’est exactement ce qu’elle compte faire. De source très proche de l’HADOPI, nous avons en effet appris que les premiers e-mails pourraient partir en informant simplement l’abonné que des moyens de sécurisation existent, sans lui dire ni lesquels ni comment les installer. Mais en lui précisant tout de même qu’une liste de moyens de sécurisation labellisés sera publiée un jour, plus tard, dans une autre vie. La belle affaire.

Devant l’impossibilité de labelliser des moyens de sécurisation bien incapables de montrer « leur efficacité » contre le piratage, l’Hadopi devrait donc se contenter d’avertir l’abonné sans l’instruire sur les moyens mis à sa disposition pour obéir à la loi. Une situation inique, qui rend toute condamnation par les tribunaux improbable.

Sur ce point, l’Hadopi elle-même ne croit pas que des dossiers d’abonnés avertis pourront un jour aller jusque dans les mains d’un juge. Par crainte qu’une relaxe pour manque de preuves ou par absence de moyens de respecter la loi ne soit prononcée et fasse s’écrouler tout l’édifice de la riposte graduée. Mais aussi par simple calcul statistique. Selon nos sources, seules 10 à 15 % des adresses IP relevées feront l’objet d’avertissements. Comme nous l’avions révélé l’an dernier, seul un échantillon des adresses sera conservé, par des méthodes algorithiques confidentielles  qui prendront notamment en compte les risques de récidives, ou l’origine géographique de l’IP prélevée. Or le nombre des adresses prélevées étant déjà limité, les chances de tomber de manière répétée dans les mêmes filets, puis d’être chaque fois pris dans l’échantillon retenu jusqu’à la saisine d’un juge sont sinon nulles, au moins très faibles.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com
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Comment la Sacem se goinfre…

by on avr.10, 2010, under ACTA/HADOPI/LOPPSI, Droit d'auteur

Bernard Miyet

Rapetout

Les sociétés de perception, qui gèrent les droits des artistes et producteurs, n’avaient pas bonne réputation. Publié ces jours-ci, le rapport de la Commission permanente qui contrôle ces organismes ne va pas arranger les choses. Les rapporteurs jettent une lumière crue sur les rémunérations de leurs dirigeants. Accablant pour certains d’entre eux ! Un rapport qui devrait horrifier les artistes dont le travail nourrit la bête…

Les patrons ne connaissent pas la crise du disque

Une société est particulièrement dans le collimateur : la SCPP (Société civile des producteurs phonographiques), dont le directeur général, Marc Guez, perçoit le deuxième salaire le plus important du secteur (plus de 400.000 euros annuels, selon un tableau, page 279). Pourquoi pas ? Sauf que la SCPP n’emploie qu’une quarantaine de collaborateurs et ne traite qu’un peu plus de 60 millions d’euros de droits. C’est là que le bât blesse… « Cette même rémunération est plus de deux fois supérieure à celles de ses homologues dans des sociétés d’une échelle voisine ou supérieure, comme l’Adami ou la Spedidam », note le rapport. Autrement dit, le patron de la SCPP est trop payé pour le service qu’il rend à ses sociétaires. Toutefois, pour justifier une telle rémunération, la SCPP indique à la Commission que Marc Guez perçoit un salaire équivalent aux patrons des majors du disque . C’est bien là le problème : comment les patrons de l’industrie du disque peuvent-ils justifier de conserver des rémunérations très élevées, alors même que le marché de la musique s’est effondré de 50 % en cinq ans ? Comment peuvent-ils justifier de tels salaires, alors que l’âge d’or est désormais plus que révolu ?

De ce point de vue, il n’est pas étonnant de retrouver en tête du classement des gros salaires le patron de la Sacem, Bernard Miyet : un salaire plus élevé de + 143 % par rapport à celui de Marc Guez (le rapport ne mentionne pas les chiffres précis) et des notes de frais qui, en 2008, s’élèvent à 29.212 euros par carte bancaire. Face aux rapporteurs de la Commission, la Sacem a tenté de justifier cette forte rémunération : les émoluments de Bernard Miyet seraient « rattachés à une responsabilité internationale publique antérieure ». Mais le rapport note que cette référence « n’a pas été fournie à la Commission permanente du contrôle des sociétés de perception et de répartition des droits ».

Les vacances en Guyane sur carte bancaire de la Sacem

L’examen approfondi des notes de frais des dirigeants de la Sacem révèle des abus non sanctionnés. Ainsi, en 2007, l’un des dirigeants (parti en 2008) avait pris ses aises avec la carte bancaire de la boîte : des repas seuls, des vacances en Guyane (entre le 27 décembre 2006 et le 6 janvier 2007), des frais de péage de week-end, 10.512 euros de « cadeaux »… La Commission souligne, avec euphémisme, que certaines de ces dépenses n’étaient sans doute pas effectuées dans l’intérêt de la société et n’ont pourtant fait l’objet d’aucun contrôle. « Elles n’ont pas été non plus de ce fait remboursées par l’intéressé », note, non sans ironie, le rapport.

Les dirigeants de la Sacem en prennent pour leur grade à propos des frais d’hôtel et de restaurant payés, pour l’essentiel, par carte bancaire. Les dirigeants « ne respectent guère la note interne relative » aux frais qui est pourtant assez généreuse : les cadres dirigeants doivent s’en tenir à des hôtels 3 étoiles, les repas à l’étranger ne doivent pas excéder 40 euros et pas plus de 70 euros par personne lorsqu’ils invitent. La Commission permanente n’a pas pu pousser plus loin ses investigations, car la Sacem ne dispose pas d’un suivi analytique des dépenses payées par carte. L’opacité « étonne » les rapporteurs…

Une rente assise sur un quasi-monopole

La situation est d’autant plus choquante que les artistes n’ont guère le choix. La loi les oblige à verser. Si bien que les sociétés de perception vivent sur une rente, « un quasi-monopole de fait sur le territoire national », note le rapport. Avec l’onctuosité qui sied au langage de la haute fonction publique, le rapport relève que « les rémunérations semblent, au moins pour quelques cas individuels, s’écarter notablement des normes de rémunération en vigueur dans les entreprises de taille comparable alors même que celles-ci sont, elles, pleinement exposées à la concurrence ».

Le rapport observe également de grandes disparités entre les salaires des dirigeants et les salariés de ces sociétés. Par exemple, à la Sacem, les six salariés les mieux payés ont vu leurs revenus croître de 10 % entre 2005 et 2008 quand le personnel s’est contenté de + 6,5 % en moyenne sur la période. La Sacem n’a pas justifié cette différence de traitement. Le rapport entre le salaire de Bernard Miyet et le salaire le plus bas de la Sacem est de « 30 à 40″, note encore le rapport. Pour une société qui emploie 1.450 salariés…

Moyenne des cinq principaux salaires annuels en euros / effectif salarié / montants des sommes perçues

SACEM : 363.908 euros / 1448 / 961,3 millions d’euros

SACD : 149.775 euros / 232 / 179,6 millions d’euros

SCAM : 142.521 euros / 81 / 74,1 millions d’euros

SPP : 135.465 / 39 / 61,1 millions d’euros

CFC : 110.200 euros / 44 / 43,7 millions d’euros

ADAMI : 107.300 euros / 74 / 53 millions d’euros

SPEDIDAM : 96.020 euros / 32 / 32,9 millions d’euros

PROCIREP : 84.273 euros / 18 / 31,6 millions d’euros

La Commission permanente de contrôle des sociétés de perception et de répartition des droits est présidée par Bernard Menasseyre, président de chambre honoraire à la Cour des comptes. Elle comprend pour membres : François Lavondès, conseiller d’État honoraire ; Marie-Claude Duvernier, conseillère honoraire à la Cour de cassation ; Claude Rubinowicz, inspecteur général des finances ; Lé Nhat Binh, inspecteur général des affaires culturelles.

Source LePoint.fr par Emmanuel Berretta

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Droits d’auteur : 7,035 milliards d’euros perçus en 2008

by on fév.10, 2010, under Droit d'auteur

Musique Numérique –

Après quatre années de croissance, le CISAC note dans sa dernière étude économique une légère baisse des perceptions des sociétés membres. Entre 2007 et 2008, le nouveau montant est descendu de 1,5 %, se maintenant toutefois au-dessus de la barre des 7 milliards d’euros. « Une baisse contenue » dans un « environnement économique difficile » explique le CISAC.

« Une baisse contenue des droits d’auteurs dans un environnement économique difficile« . C’est ainsi qu’a été titrée la dernière étude économique des perceptions des sociétés d’auteurs membres de la Confédération Internationale des Sociétés d’Auteurs et Compositeurs (CISAC) pour l’année 2008 et réalisé par Frédéric Patissier, consultant en études stratégiques. Une baisse de 1,5 % par rapport à 2007, pour s’établir à 7,035 milliards d’euros.

C’est la deuxième année consécutive où les perceptions franchissent la barre des 7 milliards d’euros. Auparavant, les différentes sociétés d’auteur avaient connu quatre ans de croissance entre 2003 et 2007, passant de 6,157 milliards à 7,141 milliards d’euros. Plus généralement, le montant total des perceptions n’est jamais redescendu en dessous des 6 milliards d’euros depuis 2000 (6,454 milliards d’euros), malgré une chute marquée jusqu’en 2003.

L’organisation, qui regroupe plus de 222 sociétés d’auteur dans 118 pays (dont l’ADAGP, la SACD, la SACEM, la SACENC, la SCAM, la SESAM, la SGDL, la SNAC et la SPACEM pour la France) note que « compte tenu de la crise économique et de la tourmente qui continue d’agiter l’industrie du disque, il n’est guère surprenant que les redevances de droit d’auteur perçues par les sociétés membres de la CISAC aient connu une baisse« .

Toutefois, Frédéric Patissier estime que l’association a été « toutefois loin de la récession, et 2008 restera plutôt l’année où les perceptions se sont stabilisées après quatre années de croissance consécutives« . Et lorsque les chiffres sont « corrigés pour rendre compte de l’appréciation de l’euro« , l’analyste souligne que « les perceptions ont augmenté de près de 1%. Le total des redevances perçues a dépassé les 7  milliards d’euros pour la deuxième année consécutive« .

Dans le détail, c’est l’Europe qui arrive très  largement en tête des zones géographiques (avec 4,51 milliards d’euros, soit 64,1 %), suivi par l’Amérique du Nord (1,35 milliard d’euros, 19,2 %) et l’Asie-Pacifique (909 millions, 12,9 %). Sans grande surprise, c’est la musique qui pèse le plus lourd, puisqu’elle représente 87 % des perceptions. Les autres répertoires ont connu une hausse, comme l’audiovisuel (+ 23 %) et les arts graphiques et plastiques (plus de 100 millions d’euros perçus en 2008). Le spectacle vivant en revanche stagne, à 11,8 % de perceptions.

Quid de l’avenir ? Pour Eric Baptiste, directeur général du CISAC, si quelques embellies sont à noter, ce nouveau rapport « remet en question certaines idées véhiculées par  les conjectures sur les industries culturelles. Par exemple, la conviction selon laquelle le spectacle vivant va  compenser le déclin des ventes de disques ne s’est pas encore vérifiée sur les droits payés aux créateurs« . De plus, le marché du numérique ne représente toujours que 1 % du total des droits perçus. « Ce qui prouve que les services numériques légaux ne génèrent toujours pas des revenus significatifs » a-t-il estimé.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com
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