Droit d’auteur
Le CD est un format d’avenir, selon le prochain PDG d’Universal Music
by lastdans on fév.16, 2010, under Droit d'auteur

C’est le jeu des chaises musicales du côté d’Universal Music Group. Après quatorze ans à la tête du label, Doug Morris s’apprête à passer le flambeau à Lucian Grainge. Cependant, si les hommes changent, les idées restent : le futur PDG voit toujours le CD comme un format d’avenir, alors que la dématérialisation des contenus avance à grande vitesse.
La succession à la tête d’Universal Music Group est désormais en marche. En effet, le New York Times a dévoilé ces jours-ci le nom du prochain directeur exécutif qui remplacera Doug Morris, à la tête du label de musique depuis plus de quatorze ans : il s’agit de Lucian Grainge. Cependant, ce dernier ne prendra pleinement possession du poste que l’année prochaine, le temps d’assurer une transition en douceur.
Et de la douceur, il en faudra pour le label. En effet, le passage de témoin se fait dans un contexte difficile pour la major, confrontée à la dématérialisation croissante des contenus, à la baisse continue des ventes physiques de CD (qui demeure la principale source de revenus de l’industrie du disque) et à la problématique du piratage. Est-ce à dire que le prochain directeur exécutif adaptera la stratégie d’Universal Music vis-à-vis du numérique et du peer-to-peer ?
Ça semble mal parti. « Je crois que le CD va me survivre comme format » a déclaré Lucian Grainge, dans des propos rapportés par le quotidien américain. Le futur PDG de la major aurait-il déjà été façonné par son prédécesseur ? Il faut se souvenir que ce dernier n’a jamais eu une approche très positive vis-à-vis des NTIC. Un comportement pour le moins grotesque puisque à chaque fois le groupe a été amené d’une façon ou d’une autre à négocier ou à s’adapter.
En 2007, nous rapportions un portrait de Doug Morris. Celui-ci désignait entre autres les lecteurs MP3 comme des « répertoires pour musique volée« , pour ensuite engager des négociations avec Microsoft pour faire du Zune une alternative crédible à l’iPod. Les réseaux sociaux et les plates-formes communautaires, comme MySpace et YouTube, étaient considérés comme des espaces de « délinquants« . Pour ensuite entamer des pourparlers avec ces sites.
Même chose pour la musique gratuite (Universal Music a finalement signé avec SpiralFrog) ou les mesures techniques de protection (progressivement abandonnées car inefficaces et très onéreuses). En d’autres termes, la vision des NTIC était pour ainsi dire nulle avec Doug Morris. Dès lors, l’adaptation de la major à l’ère numérique fut rendu beaucoup plus difficile, puisque le groupe réagissait toujours avec un train de retard.
On aurait pu croire que le prochain dirigeant du label de musique, plus jeune, ait une vision plus enthousiaste des nouvelles technologies et de l’opportunité du numérique. Cependant, avec cette déclaration sur l’avenir du CD et le rétropédalage récent de Warner vis-à-vis des services gratuits de musique en ligne, c’est-à-croire que les majors veulent revenir aux années 90.
MooZar, le site qui veut indemniser les artistes piratés
by xtremtiti on fév.12, 2010, under Droit d'auteur

Inciter les pirates à payer quand même leurs téléchargement illégaux. C’est l’idée de MooZar, un service prévu pour le 26 février prochain. Prenant acte du fait que 60 % des internautes adeptes du téléchargement illégal sont prêts à rémunérer les artistes, MooZar souhaite donc déployer une plate-forme entre ces deux univers. Une sorte de légalisation a posteriori du piratage ?

Les pirates français sont-ils ces tueurs de culture que nous décrivent parfois les ayants droit ? Pour les responsables de MooZar, il n’en est rien. Les téléchargeurs seraient même prêts à « indemniser » convenable les artistes, si l’on en croit les sondages mis en avant par le site. En effet, selon un sondage IFOP (.pdf) daté du 30 octobre 2008, 60 % des internautes adeptes du téléchargement illégal « souhaiteraient dédommager » les artistes. Oui, mais comment ?
C’est là que MooZar entre en scène en tant qu’intermédiaire. Prévu pour ouvrir ses portes le 26 février prochain, le projet vise la rémunération des ayants droit dont les oeuvres ont été piratées sur Internet. Jusqu’ici, rien de bien surprenant. Sauf que cette fois ce sont les pirates eux-mêmes qui vont dédommager les artistes. Une tentative intéressante qui prend à contre-pied la stratégie menée par les ayants droit et les gouvernement, ces derniers cherchant plutôt à marginaliser et réprimer les pirates plutôt que de les inciter à revenir sur le chemin de la légalité.
Selon MooZar, la volonté de dédommager les artistes ne serait pas une spécificité française. Les internautes Américains éprouveraient aussi des « remords », puisque un sondage de l’institut américain ZOGBY et daté du 13 mai 2009 relève que 49 % des sondés souhaiteraient également rétribuer convenablement les artistes lésés. Notons au passage que l’IFPI a estimé que 95 % des reproductions sont illégales.
Un bon coup à jouer pour ce service s’il parvient à se placer comme intermédiaire. Mais comme toujours, il est difficile de connaitre la méthode utilisée pour quantifier une activité dont la nature même commande de rester le plus discret possible.
Même chose pour les fichiers piratés d’ailleurs : plusieurs études ont cherché à connaitre la proportion de contenus illégaux circulant sur les réseaux peer-to-peer. La dernière en date, menée par le professeur Ed Felton de l’université de Princeton, a estimé qu’une écrasante majorité de fichiers violait le droit d’auteur. Sauf que sa méthode est critiquée, puisqu’il ne s’est appuyé que sur 1 021 fichiers prélevés au hasard.
Comme nous l’écrivions alors, ces « fichiers sont disponibles sur le réseau décentralisé de BitTorrent, la DHT. Elle n’offre pas la moindre indication du nombre des téléchargements. Mais elle donne quelques indications sur le type de fichiers partagés sur le réseau P2P le plus populaire du moment« .
Le montant par défaut sera fixé à un euro – prix qui permettra de rendre légal votre téléchargement pirate selon MooZar. L’internaute aura cependant la posibilité de donner moins, le don le plus bas effectuable étant 30 centimes. Mais attention, entre sous la barre des un euro, l’internaute ne pourra pas légaliser sa copie.
MooZar prévoit de récupérer 20 % du dédommagement versé par l’internaute, le reste ira aux ayants droit. Et avec 60 % des internautes français et 49 % des internautes américains souhaitant donner, on n’imagine le pactole possible… toutefois, il reste un défi de taille pour MooZar : persuader les internautes de faire un pas en avant et accepter de rémunérer l’industrie du disque. Pas sûr que tous acceptent de faire ce pari.
Flattr : Un pirate veut rémunérer les créateurs
by lastdans on fév.11, 2010, under Droit d'auteur
par Erwan Cario

Le grand principe de Flattr
Peter Sunde, alias Brokep, alias monsieur le co-fondateur de The Pirate Bay, vient de lancer la phase de test de Flattr, un système de micro-paiement social destiné à faciliter le financement en ligne de la création. Pas vraiment un lancement en grande pompe, une seule petite phrase, « This is #flattr », balancée sur Twitter, pour faire découvrir une vidéo très didactique (en anglais).
Le principe : chaque utilisateur de Flattr paie une somme fixe chaque mois, par exemple 3 euros. Lorsqu’il surfe, sur un blog, sur le site d’un musicien ou sur la galerie d’un photographe, il peut cliquer sur un bouton Flattr s’il veut donner une part de sa contribution. Ce bouton apparaîtrait de la même manière que les bouton Digg, Twitter ou Facebook qui sont presque partout aujourd’hui sur le net. A la fin du mois, si l’internaute a cliqué 10 fois sur un bouton Flattr, chaque créateur recevra un dixième du montant. 30 centimes avec notre exemple. La vidéo explicative (ci-dessous) se conclue par : « Ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières ».
Le concept de Flattr ne sort pas de nulle part. Il directement inspiré par l’idée du mécénat global (voir Wikipédia) imaginé par Francis Muguet et Richard Stallman. Seule différence, dans le cadre du mécénat global, le prélèvement mensuel est fixe et obligatoire. Reste à savoir si un système basé sur le volontariat pourra fonctionner à grande échelle. Il faut un début à tout.
Droits d’auteur : 7,035 milliards d’euros perçus en 2008
by xtremtiti on fév.10, 2010, under Droit d'auteur

Après quatre années de croissance, le CISAC note dans sa dernière étude économique une légère baisse des perceptions des sociétés membres. Entre 2007 et 2008, le nouveau montant est descendu de 1,5 %, se maintenant toutefois au-dessus de la barre des 7 milliards d’euros. « Une baisse contenue » dans un « environnement économique difficile » explique le CISAC.
« Une baisse contenue des droits d’auteurs dans un environnement économique difficile« . C’est ainsi qu’a été titrée la dernière étude économique des perceptions des sociétés d’auteurs membres de la Confédération Internationale des Sociétés d’Auteurs et Compositeurs (CISAC) pour l’année 2008 et réalisé par Frédéric Patissier, consultant en études stratégiques. Une baisse de 1,5 % par rapport à 2007, pour s’établir à 7,035 milliards d’euros.
C’est la deuxième année consécutive où les perceptions franchissent la barre des 7 milliards d’euros. Auparavant, les différentes sociétés d’auteur avaient connu quatre ans de croissance entre 2003 et 2007, passant de 6,157 milliards à 7,141 milliards d’euros. Plus généralement, le montant total des perceptions n’est jamais redescendu en dessous des 6 milliards d’euros depuis 2000 (6,454 milliards d’euros), malgré une chute marquée jusqu’en 2003.
L’organisation, qui regroupe plus de 222 sociétés d’auteur dans 118 pays (dont l’ADAGP, la SACD, la SACEM, la SACENC, la SCAM, la SESAM, la SGDL, la SNAC et la SPACEM pour la France) note que « compte tenu de la crise économique et de la tourmente qui continue d’agiter l’industrie du disque, il n’est guère surprenant que les redevances de droit d’auteur perçues par les sociétés membres de la CISAC aient connu une baisse« .
Toutefois, Frédéric Patissier estime que l’association a été « toutefois loin de la récession, et 2008 restera plutôt l’année où les perceptions se sont stabilisées après quatre années de croissance consécutives« . Et lorsque les chiffres sont « corrigés pour rendre compte de l’appréciation de l’euro« , l’analyste souligne que « les perceptions ont augmenté de près de 1%. Le total des redevances perçues a dépassé les 7 milliards d’euros pour la deuxième année consécutive« .
Dans le détail, c’est l’Europe qui arrive très largement en tête des zones géographiques (avec 4,51 milliards d’euros, soit 64,1 %), suivi par l’Amérique du Nord (1,35 milliard d’euros, 19,2 %) et l’Asie-Pacifique (909 millions, 12,9 %). Sans grande surprise, c’est la musique qui pèse le plus lourd, puisqu’elle représente 87 % des perceptions. Les autres répertoires ont connu une hausse, comme l’audiovisuel (+ 23 %) et les arts graphiques et plastiques (plus de 100 millions d’euros perçus en 2008). Le spectacle vivant en revanche stagne, à 11,8 % de perceptions.
Quid de l’avenir ? Pour Eric Baptiste, directeur général du CISAC, si quelques embellies sont à noter, ce nouveau rapport « remet en question certaines idées véhiculées par les conjectures sur les industries culturelles. Par exemple, la conviction selon laquelle le spectacle vivant va compenser le déclin des ventes de disques ne s’est pas encore vérifiée sur les droits payés aux créateurs« . De plus, le marché du numérique ne représente toujours que 1 % du total des droits perçus. « Ce qui prouve que les services numériques légaux ne génèrent toujours pas des revenus significatifs » a-t-il estimé.
















