Archive for avril, 2010
BLUEBEAR – Explication technique qui va faire trembler les utilisateurs de bittorrent
by xtremtiti on avr.30, 2010, under p2p, ddl, torrent

J’ai lu cette nuit une info en provenance de l’INRIA qui a développé un outil baptisé BlueBear, encore à l’état de PoC (Proof of Concept) mais qui va remettre de l’eau au moulin des Hadopistes acharnés (et des anti hadopiste).
En effet, suite à la découverte de failles dans le protocole de Bittorrent, Stevens Le Blond, Pere Manils et Arnaud Legout (ainsi que d’autres chercheurs) ont réussi à mettre au point une technique qui leur permet :
- D’identifier les fournisseurs de contenus. Non pas les simple seeders, mais carrément le patient 0 qui est à l’origine de la mise à disposition d’un fichier sur le réseau p2p.
- D’identifier tous les pairs (peer 2 peer) qui se mettent en relation afin d’échanger des fichiers et ainsi établir une cartographie de qui télécharge quoi chez qui.
- D’identifier les petits malins qui se cachent derrière le réseau Tor pour utiliser Bittorrent
Ah ouais, rien que ça ! J’ai donc pris la peine de contacter les gens de l’INRIA qui en plus d’être très sympathiques, ont bien voulu répondre à mes questions…
1- Tout d’abord pour trouver ce seeder 0, Bluebear utilise 2 techniques… Tout d’abord il récupère toutes les minutes la liste des nouveaux fichiers torrents sur les sites de partage de référence (genre The Pirate Bay), puis il se connecte immédiatement au fichier torrent. A partir de là, vu qu’il est dans les premiers leechers, il y a de forte chance qu’il se connecte directement au seeder initial, pouvant ainsi facilement relever son adresse IP.
Si cela n’est pas possible car le torrent tourne déjà depuis un moment et qu’il y a beaucoup de seeders (par popularité ou parce qu’un torrent privé est devenu public), Bluebear emploie une seconde méthode.
Celle-ci consiste à se connecter aux sites web qui regroupent les torrents uploadés par un même utilisateur (site genre Eztv avec login/pass pour les seeders). Bluebear récupère alors tous les torrents propres à cet utilisateur et ressort l’adresse IP qui est la plus souvent présente lors de la récupération de ces fichiers (et qui, bien sûr, n’est pas présente dans les autres torrents n’appartenant pas à ce user). Ils peuvent ainsi en déduire que c’est l’IP du seeder original. Arnaud m’a aussi expliqué que dans les cas où les sites n’identifiaient pas leurs utilisateurs par un login, il restait quand même possible de recouper certaines infos (type de contenu, nom du fichier, encodage, date de publication, nom de la team…etc) afin de remonter à la seed initiale.
Evidement, dans certaines communautés, comme Eztv, les utilisateurs sont encouragés à distribuer d’abord le fichier dans communauté assez réduite de partageurs de confiance, avant de sortir le torrent au grand public. Bluebear est capable de « reconnaitre » cette communauté sans toutefois savoir qui est vraiment la partageur 0. Ça reste quand même génant…
Tout cela est très malin, il suffisait d’y penser (et de le faire bien sûr) mais ça reste un travail d’enquête qui permet de porter de gros soupçons sur un releaser sans avoir forcement la certitude absolue qu’il est bien le premier à partager ce fichier. Mais est ce que cela est une preuve suffisante pour l’Hadopi ? Vu leurs méthodes de travail jusqu’à maintenant, je dirai que oui…
(La vous êtes déjà tout bleu…attendez c’est pas fini)

2- Pour ce qui est de l’identification de tous les échanges (toutes les poignées de main) qui transitent sur un tracker, BlueBear utilise les requêtes scrapes des trackers afin d’obtenir tous les infohash. Ensuite, il parcourt chacun de ces infohash (qui correspondent à des fichiers torrent) avec un client bittorrent de leur cru, afin d’obtenir les adresses IP des personnes qui sont en train de récupérer ce torrent. Ainsi, ils arrivent a retrouver 90% des pairs effectuées pour l’échange de ce torrent. Dès qu’ils ont ces pairs, ils ne leur reste plus qu’à faire correspondre l’infohash avec le fichier torrent qui va bien, simplement en allant les récupérer sur des sites web genre The Pirate Bay.
Grâce à cette technique, Bluebear est capable de récupérer 5 à 10 millions d’adresses IP s’échangeant environ 2 millions de .torrents en (tenez vous bien), 30 minutes avec un simple PC. C’est donc hyper rapide. Concrêtement, grâce à cette faille, ils peuvent dire que telle IP a échangé tel fichier avec telle autre IP sur le tracker X à telle heure. C’est fiable et sans bavure.
(La vous êtes déjà tout vert…attendez c’est pas fini)
3- J’ai ensuite voulu mieux comprendre cette histoire de réseau TOR. BlueBear est capable de trouver la véritable adresse IP d’un ordinateur connecté à un tracker via TOR. Comment ? Et bien il faut savoir que la techno DHT qui permet de mettre en relation les pairs sur bittorrent utilise le protocole UDP. Et malheureusement pour les pirates, UDP n’est pas un protocole relayé par TOR. Donc chaque client qui se connecte sur un tracker en DHT, utilise sa véritable IP. Ensuite Bluebear n’a qu’a observer simplement un noeud de sortie TOR (exit node), relever le n° du port utilisé (qui est le plus souvent choisi aléatoirement par le client bittorrent), et ensuite aller consulter la DHT (Database Hash Table) pour retrouver qui télécharge tel infohash depuis ce n° de port particulier. Et comme expliqué juste avant, à partir de la DHT, il est rapide d’obtenir la véritable IP du pair.
Ce que m’a confirmé aussi Arnaud, c’est que cette méthode est aussi applicable pour d’autres flux réseau, que ce soit du web ou de la VoIP. En effet, à partir du moment où vous utilisez Bittorrent + DHT via TOR (donc qu’on connait la correspondance entre votre véritable adresse IP et le noeud TOR), il est assez simple de retrouver aussi l’origine du trafic web ou VoIP que vous faites sortir par ce noeud TOR car il emprunte le même chemin que celui de Bittorrent.
Ça craint donc.
Il devient en effet relativement simple de savoir qui échange quoi, et quand. Evidement, ceci n’est possible que parce qu’il y a des failles dans le protocole bittorrent ou dans les trackers mais selon les chercheurs de l’INRIA, il y en a tellement que même si certaines sont corrigées, d’autres permettront toujours d’arriver au même résultat.
C’est la première fois que je vois une possibilité technique concrète et suffisamment évoluée pour permettre « d’attraper » les téléchargeurs sur Bittorrent. Je salue l’exploit technique de l’INRIA en tout cas même si c’est clairement flippant.
J’espère que la technologie Bluebear ne tombera pas aux mains de gens comme TMG car ça va vite devenir un carnage. En attendant, la seule solution pour se protéger efficacement contre l’exploitation de ces failles c’est :
- Si vous passez par TOR, de désactiver absolument l’utilisation de la DHT dans votre client bittorrent (ça fonctionne pour le moment mais les chercheurs de l’INRIA planchent déjà sur d’autres failles n’exploitant pas la DHT)
- Utiliser un VPN de confiance (du genre qui ne met pas ses logs à disposition de la justice… Mais y’en a t-il vraiment ???)

Encore merci à Arnaud Legout d’avoir partagé sa science du réseau Bittorrent avec nous tous. Vous pouvez oublier le suicide au Seedfuck et commencer à prier bande de vilains tipiak
)) (ou alors passer à des moyens de téléchargement plus sûrs)
Si le sujet vous intéresse, vous trouverez ici un PDF en anglais qui explique tout cela plus en détail ainsi qu’une présentation PDF de Stevens Leblond.
Source : Korben
L’HADOPI tentée de passer en force pour envoyer ses premiers mails
by lastdans on avr.19, 2010, under ACTA/HADOPI/LOPPSI

Selon nos informations, l’Hadopi pourrait s’engouffrer dans une toute petite faille de la loi pour envoyer ses premiers e-mails d’avertissement sans préciser aux abonnés comment respecter l’obligation qui leur incombe de sécuriser leur accès à Internet.
Il y a quelques semaines, nous expliquions pourquoi les premiers mails d’avertissement aux abonnés à Internet dont l’accès est utilisé pour pirater ne pourraient pas partir au mois de juin, comme dit le souhaiter le gouvernement. C’est toujours vrai, mais la raison essentielle que nous évoquions ne devrait pas être le principal frein. Confrontée à l’impossible, la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (HADOPI) devrait tenter le passage en force.
Accrochez-vous, tout est dans la nuance.
En effet, nous disions dans notre précédent article que pour envoyer ses e-mails, l’Hadopi devrait nécessairement attendre la publication du décret sur la procédure de labellisation des moyens de sécurisation des accès à Internet. Puis attendre que de premiers logiciels soient effectivement labellisés, ce qui prendra au minimum plusieurs semaines après la publication du décret.
Pour affirmer cela, nous nous basions sur l’article L331-25 du code de la propriété intellectuelle qui dispose que l’avertissement envoyé par mail devra enjoindre l’abonné de « respecter son obligation (de sécurisation)« , et nécessairement l’informer sur « l’existence de moyens de sécurisation permettant de prévenir les manquements à l’obligation (de sécurisation)« . Puis l’article L331-26 du même code dit que l’Hadopi « après consultation des concepteurs de moyens de sécurisation destinés à prévenir l’utilisation illicite de l’accès à un service de communication au public en ligne (…) rend publiques les spécifications fonctionnelles pertinentes que ces moyens » de sécuriation « doivent présenter« .
Il dit aussi que l’Hadopi labellisera « les moyens de sécurisation » en prenant en compte « leur conformité aux spécifications visées » et « leur efficacité« . Etant donc sous-entendu, ce qui est évident, qu’un moyen de sécurisation n’est pas réputé efficace contre le piratage avant d’avoir été testé et approuvé par les services de l’Hadopi.
Cependant, il n’existe pas de lien parfaitement explicite et irréfutable dans la loi entre l’obligation d’informer l’abonné qui reçoit l’avertissement de l’existence « de moyens de sécurisation« , prévue à l’article L331-25, et la publication des « spécifications fonctionnelles pertinentes » que « des / les » moyens « doivent présenter« , prévue par l’article L331-26. En écrivant « ces moyens » ou « les moyens » plutôt que « les moyens visés à l’article L331-25″, le législateur a laissé une minuscule brèche que l’Hadopi pourrait exploiter, avec une mauvaise foi confondante.
Or selon nos informations, c’est exactement ce qu’elle compte faire. De source très proche de l’HADOPI, nous avons en effet appris que les premiers e-mails pourraient partir en informant simplement l’abonné que des moyens de sécurisation existent, sans lui dire ni lesquels ni comment les installer. Mais en lui précisant tout de même qu’une liste de moyens de sécurisation labellisés sera publiée un jour, plus tard, dans une autre vie. La belle affaire.
Devant l’impossibilité de labelliser des moyens de sécurisation bien incapables de montrer « leur efficacité » contre le piratage, l’Hadopi devrait donc se contenter d’avertir l’abonné sans l’instruire sur les moyens mis à sa disposition pour obéir à la loi. Une situation inique, qui rend toute condamnation par les tribunaux improbable.
Sur ce point, l’Hadopi elle-même ne croit pas que des dossiers d’abonnés avertis pourront un jour aller jusque dans les mains d’un juge. Par crainte qu’une relaxe pour manque de preuves ou par absence de moyens de respecter la loi ne soit prononcée et fasse s’écrouler tout l’édifice de la riposte graduée. Mais aussi par simple calcul statistique. Selon nos sources, seules 10 à 15 % des adresses IP relevées feront l’objet d’avertissements. Comme nous l’avions révélé l’an dernier, seul un échantillon des adresses sera conservé, par des méthodes algorithiques confidentielles qui prendront notamment en compte les risques de récidives, ou l’origine géographique de l’IP prélevée. Or le nombre des adresses prélevées étant déjà limité, les chances de tomber de manière répétée dans les mêmes filets, puis d’être chaque fois pris dans l’échantillon retenu jusqu’à la saisine d’un juge sont sinon nulles, au moins très faibles.
Hadopi : une liste publiée des oeuvres recherchées sur eMule
by lastdans on avr.16, 2010, under ACTA/HADOPI/LOPPSI, Droit d'auteur
On le sait depuis plusieurs mois, la société nantaise Trident Media Guard (TMG) a été choisie par les ayants droit pour procéder à la collecte des adresses IP sur les réseaux peer-to-peer. Sur le forum officiel d’eMule, l’expert en serveurs eDonkey Peerates dévoile 6 serveurs qui seraient utilisés par cette dernière pour enregistrer les adresses IP de ceux qui s’y connectent et partagent des fichiers recherchés par les chasseurs de pirates. Il s’agirait des serveurs ayant les adresses IP 85.159.236.252 à 85.159.236.254, puis 85.159.232.81 à 85.159.232.83.
« Je conseille à tous de les éviter et de n’utiliser que les serveurs ‘référencés’ dans la liste Peerates, qui sont 100% dignes de confiance. TOUS les autres serveurs, (notament ceux fournis par Gruk et pas par Peerates), à 1 ou 2 exceptions, appartiennent à des sociétés capables de payer des centaines d’euros tous les mois pour mettre en ligne des serveurs edonkey« , écrit le spécialiste.
Mais surtout, il dévoile une liste des fichiers qui seraient recherchés par des « sondes eDonkey », c’est-à-dire de faux clients eMule qui demandent autour d’eux la liste des utilisateurs qui partagent ces fichiers. Toutes les IP dans la tranche 193.107.240.0/22 serait suspectes, selon lui. En regardant ce qu’elles demandent, il a pu en déduire la liste des oeuvres surveillées.
Dans la liste, qui nous semble incomplète vue la prédominance des premières lettres de l’alphabet, on trouve essentiellement des albums de musique de toutes générations (The END des Black Eyed Peas, Michael Jackson, Dalida, Depeche Mode, Culture Celte, Diam’s, Daniel Lavoie, Damien Saez, Daft Punk…) et quelques films et séries TV (Heroes, Inglourious Basterds, …).
Il ne s’agit pas de la liste des oeuvres qui seront recherchées lors de la mise en oeuvre – si elle arrive – de l’Hadopi. Peut-être, en revanche, sert-elle à des tests.
Selon la communication officielle, TMG devrait être mandatée par la SCPP pour surveiller environ 10.000 oeuvres musicales, dont la moitié issue du « back catalogue », et environ 200 films par l’ALPA (Association de Lutte contre la Piraterie Audiovisuelle), dont la moitié également de titres anciens. Mais pour faire peur, il faut gonfler les chiffres… alors qu’en réalité, plus il y a d’oeuvres à surveiller, plus la facture en serveurs, en main d’oeuvre (pour identifier les fichiers concernés) et en bande passante est importante. Or ce sont les ayants droit qui payent la facture. Combien de temps accepteront-ils de payer pour un résultat que l’on sait d’avance nul ?
Comment la Sacem se goinfre…
by lastdans on avr.10, 2010, under ACTA/HADOPI/LOPPSI, Droit d'auteur

Rapetout
Les sociétés de perception, qui gèrent les droits des artistes et producteurs, n’avaient pas bonne réputation. Publié ces jours-ci, le rapport de la Commission permanente qui contrôle ces organismes ne va pas arranger les choses. Les rapporteurs jettent une lumière crue sur les rémunérations de leurs dirigeants. Accablant pour certains d’entre eux ! Un rapport qui devrait horrifier les artistes dont le travail nourrit la bête…
Les patrons ne connaissent pas la crise du disque
Une société est particulièrement dans le collimateur : la SCPP (Société civile des producteurs phonographiques), dont le directeur général, Marc Guez, perçoit le deuxième salaire le plus important du secteur (plus de 400.000 euros annuels, selon un tableau, page 279). Pourquoi pas ? Sauf que la SCPP n’emploie qu’une quarantaine de collaborateurs et ne traite qu’un peu plus de 60 millions d’euros de droits. C’est là que le bât blesse… « Cette même rémunération est plus de deux fois supérieure à celles de ses homologues dans des sociétés d’une échelle voisine ou supérieure, comme l’Adami ou la Spedidam », note le rapport. Autrement dit, le patron de la SCPP est trop payé pour le service qu’il rend à ses sociétaires. Toutefois, pour justifier une telle rémunération, la SCPP indique à la Commission que Marc Guez perçoit un salaire équivalent aux patrons des majors du disque . C’est bien là le problème : comment les patrons de l’industrie du disque peuvent-ils justifier de conserver des rémunérations très élevées, alors même que le marché de la musique s’est effondré de 50 % en cinq ans ? Comment peuvent-ils justifier de tels salaires, alors que l’âge d’or est désormais plus que révolu ?
De ce point de vue, il n’est pas étonnant de retrouver en tête du classement des gros salaires le patron de la Sacem, Bernard Miyet : un salaire plus élevé de + 143 % par rapport à celui de Marc Guez (le rapport ne mentionne pas les chiffres précis) et des notes de frais qui, en 2008, s’élèvent à 29.212 euros par carte bancaire. Face aux rapporteurs de la Commission, la Sacem a tenté de justifier cette forte rémunération : les émoluments de Bernard Miyet seraient « rattachés à une responsabilité internationale publique antérieure ». Mais le rapport note que cette référence « n’a pas été fournie à la Commission permanente du contrôle des sociétés de perception et de répartition des droits ».
Les vacances en Guyane sur carte bancaire de la Sacem
L’examen approfondi des notes de frais des dirigeants de la Sacem révèle des abus non sanctionnés. Ainsi, en 2007, l’un des dirigeants (parti en 2008) avait pris ses aises avec la carte bancaire de la boîte : des repas seuls, des vacances en Guyane (entre le 27 décembre 2006 et le 6 janvier 2007), des frais de péage de week-end, 10.512 euros de « cadeaux »… La Commission souligne, avec euphémisme, que certaines de ces dépenses n’étaient sans doute pas effectuées dans l’intérêt de la société et n’ont pourtant fait l’objet d’aucun contrôle. « Elles n’ont pas été non plus de ce fait remboursées par l’intéressé », note, non sans ironie, le rapport.
Les dirigeants de la Sacem en prennent pour leur grade à propos des frais d’hôtel et de restaurant payés, pour l’essentiel, par carte bancaire. Les dirigeants « ne respectent guère la note interne relative » aux frais qui est pourtant assez généreuse : les cadres dirigeants doivent s’en tenir à des hôtels 3 étoiles, les repas à l’étranger ne doivent pas excéder 40 euros et pas plus de 70 euros par personne lorsqu’ils invitent. La Commission permanente n’a pas pu pousser plus loin ses investigations, car la Sacem ne dispose pas d’un suivi analytique des dépenses payées par carte. L’opacité « étonne » les rapporteurs…
Une rente assise sur un quasi-monopole
La situation est d’autant plus choquante que les artistes n’ont guère le choix. La loi les oblige à verser. Si bien que les sociétés de perception vivent sur une rente, « un quasi-monopole de fait sur le territoire national », note le rapport. Avec l’onctuosité qui sied au langage de la haute fonction publique, le rapport relève que « les rémunérations semblent, au moins pour quelques cas individuels, s’écarter notablement des normes de rémunération en vigueur dans les entreprises de taille comparable alors même que celles-ci sont, elles, pleinement exposées à la concurrence ».
Le rapport observe également de grandes disparités entre les salaires des dirigeants et les salariés de ces sociétés. Par exemple, à la Sacem, les six salariés les mieux payés ont vu leurs revenus croître de 10 % entre 2005 et 2008 quand le personnel s’est contenté de + 6,5 % en moyenne sur la période. La Sacem n’a pas justifié cette différence de traitement. Le rapport entre le salaire de Bernard Miyet et le salaire le plus bas de la Sacem est de « 30 à 40″, note encore le rapport. Pour une société qui emploie 1.450 salariés…
Moyenne des cinq principaux salaires annuels en euros / effectif salarié / montants des sommes perçues
SACEM : 363.908 euros / 1448 / 961,3 millions d’euros
SACD : 149.775 euros / 232 / 179,6 millions d’euros
SCAM : 142.521 euros / 81 / 74,1 millions d’euros
SPP : 135.465 / 39 / 61,1 millions d’euros
CFC : 110.200 euros / 44 / 43,7 millions d’euros
ADAMI : 107.300 euros / 74 / 53 millions d’euros
SPEDIDAM : 96.020 euros / 32 / 32,9 millions d’euros
PROCIREP : 84.273 euros / 18 / 31,6 millions d’euros
La Commission permanente de contrôle des sociétés de perception et de répartition des droits est présidée par Bernard Menasseyre, président de chambre honoraire à la Cour des comptes. Elle comprend pour membres : François Lavondès, conseiller d’État honoraire ; Marie-Claude Duvernier, conseillère honoraire à la Cour de cassation ; Claude Rubinowicz, inspecteur général des finances ; Lé Nhat Binh, inspecteur général des affaires culturelles.
Source LePoint.fr par Emmanuel Berretta















